11.4.14

Encrés dans la merde

Petite expo collective à laquelle je participe aux côtés de Luca Sida, Hugues Pzzl et Romain Etienne. Vernissage le 24/04 au Local Item avec concerts de Ventre De Biche (chanson, Triple Alliance du Pinard) et Julien Dupont (bruit local, approuvé par Byron Coley).

http://maisonderetraite.tumblr.com/
http://huguesxpzzl.tumblr.com/
http://blog.collectifitem.com/tag/romain-etienne/
http://maisonderetraite.bandcamp.com/
http://juliendupontandrelated.blogspot.com/
http://www.barbapop.com/
https://www.facebook.com/events/706535232719139

3.4.14

HSRSSS #7

A écouter: première démo de Mujercitos, la relève punk mexicaine aux côtés des Cremalleras, avec l'inévitable connexion Inservibles/ Ratas Del Vaticano.

A lire: Emplois foireux, traduction française du fameux article de David Graeber publié l'an dernier dans Strike Magazine: On the Phenomenon of Bullshit Jobs.

A regarder: Dumbland, de David Lynch

1.4.14

Raison d'être

« Un ermite ne menace pas la société des hommes. Tout juste en incarne-t-il la critique. Le vagabond chaparde. Le rebelle appointé s’exprime à la télévision. L’anarchiste rêve de détruire la société dans laquelle il se fond. Le hacker aujourd’hui fomente l’écroulement de citadelles virtuelles depuis sa chambre. Le premier bricole ses bombes dans les tavernes, le second arme des programmes depuis son ordinateur. Tous deux ont besoin de la société honnie. Elle constitue leur cible et la destruction de la cible est leur raison d’être.
L’ermite se tient à l’écart, dans un refus poli. Il ressemble au convive qui, d’un geste doux, refuse le plat. Si la société disparaissait, l’ermite poursuivrait sa vie d’ermite. Les révoltés, eux, se trouveraient au chômage technique. L’ermite ne s’oppose pas, il épouse un mode de vie. Il ne dénonce pas un mensonge, il cherche une vérité. Il est physiquement inoffensif et on le tolère comme s’il appartenait à un ordre intermédiaire, une caste médiane entre le barbare et le civilisé. »
(Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie)

28.3.14

HSRSSS #6

A écouter: la mutation hardcore punk/ rock psyché envahit le monde - après la vague australienne évoquée plus bas, c'est à Madrid que Rizoma mêle avec brio le hardcore rétro école Fashionable Idiots/ No Way à des tonnes de solos sauvage, de fuzz, de wah-wah et d'influences hard/psych. Ça se passe ici: http://rizomanoise.bandcamp.com... Et n'oubliez pas de jeter un œil aux titres des morceaux.

A lire: Les forums internet ne servent à rien... A part pour cet incroyable sujet, que quelqu'un devrait publier en papier dans son intégralité (j’achèterais).

A regarder: en Angleterre, le punk est vraiment mort.

27.3.14

HSRSSS #5




































A écouter: excellent morceau extrait du LP de Sacred Product (ex-Satanic Rockers) sur Little Big Chief. 

A lire: le retour du point d'exclamation!

A regarder: la meilleure vidéo de tout Youtube. 

26.3.14

HSRSSS #4

A écouter: excellent premier 7" pour Oily Boys, porte-étendards de la nouvelle vague hardcore psyché australienne aux côtés de Gutter Gods et Velvet Whip - des groupes qui reprennent les choses là où Crazy Spirit et Une Bestia Incontrolable les avaient laissées, en y injectant au passage une grosse louche de dégénérescence océanienne.

A lire: Un exemplaire du Ratcharge #17 à vendre sur Price Minister. Epuisé depuis des lustres. Au sommaire, acides dans les rues de Bretagne, Flipper, hardcore années zéro, scene report d'Australie par Jello Biafra, chroniques, le tout en français.

A regarder: clip à base de manipulations VHS pour un morceau du dernier Bitch Perfect.

25.3.14

Life, death, The Fugs

(My MRR column from #338, July 2011, later reprinted in the Brain Works Slow collection.)




I am surrounded by trees, tourists and little kids laughing in the near-by playground. It is sunny, close from boiling actually; I’ve got these cool Blues Brothers type sunglasses on and I ain’t late for shit, in fact my schedule for the day inevitably brings to mind a song I’m gonna mention later in this column: nothing, nothing, and a little more nothing. Times like this, good old Paris doesn’t seem so grey and depressing anymore, and I am grateful for the weather. When you stop looking down the gutter for a minute you realize those damn tourists aren’t so dumb after all, this city can be beautiful in its vivacity, its endless stories, its long history of crazy shit, homeless folks, young lovers, endless museums and neighborhoods that are as varied in their looks, languages and class as they are all full of life, if in different ways. And life, my friends, is exactly what I’m after.

24.3.14

33

RAT#33: Médiocrité innée.

Trente-troisième sortie pour Ratcharge et premier recueil pour le dessinateur mexicain Abraham Díaz, enfant spi­ri­tuel de Weirdo Magazine et d’Inservibles, ramené à la vie par rituels vau­dous après avoir été kid­nappé puis exé­cuté par les car­tels de la drogue. Des rues crades, du sexe, du punk, des ani­maux et plein de choses qui dégou­li­nent. 62 pages, couvertures sérigraphiées trois couleurs sur papier 300g.

1er tirage: mars 2014, 50 exemplaires avec couvertures tirée en France.
Épuisé chez moi mais dispo chez malatesta.diane(at)gmail.com

2eme tirage: dispo d'ici avril 2014, 150 exemplaires avec couvertures tirées au Mexique.

23.3.14

HSRSSS #3



A écouter: The Scam, hardcore punk bizarre et métallique entre GISM et Die Kreuzen, New Hampshire 1986.

A lire: Alain Robbe-Grillet interviewé par The Paris Review.

A regarder: Raybeez, Jimmy Gestapo et autres figures du NYHC interviewés à la télé par câble US en 1986.

20.3.14

Médiocritée innée

Dos en compote, épaules en vrac, abdos qui tirent, éruption d'herpès, cernes jusqu'aux joues: trente-troisième sortie Ratcharge = ok, celle-là était épique. Plus d'infos prochainement.

14.3.14

A general feeling of hate, with Abraham Díaz


(My column from MRR #369, February 2014)


 A couple months back, Abraham Díaz from Mexico City sent me a copy of his Zona Marginal comic – a photocopied mess with two-colors screen-printed covers, featuring tons of creeps, freaks, dirty streets, booze, sex, drugs, talking dogs, space trips and exploding heads. The comic is in Spanish but comes with English translations, and is highly recommended to all fans of fucked up punk art, Weirdo magazine and underground comics in general. It was first published in 2011, and since then Abraham’s art kept evolving, to the point where he currently is one of the comic artists I’m the most interested in. You can check out his stuff at awfulgraphics.tumblr.com, where you’ll also find a store and links to his other blogs. Seriously – do it! The first time I saw one of his drawings was when I stumbled across the shirt he did for Venezuelan punk band Fracaso, and it was so perfect, exactly what I want from punk art (not trying to ape the mainstream, but obviously talented and the result of hard work) that I instantly tried to learn more, which led me to a page that said this: “Abraham Díaz was a cartoonist from Mexico city, a horrible stinky shithole. He procrastinated full time and sometimes forgot about drawing for months. He was kidnaped last week at the Mexico’s state by “El Cartel de Neza” drug cartel while buying coke, his family tried to pay the $10,000 ransom, but he was murdered anyway. Nobody has seen his pieces by now, they might be in some narc-pit among hundreds of dismembered corpses.” It took me a week or so to understand that Abraham was messing with me, and that’s when I got in touch with him and asked if he’d like to draw a cover for a book I was working on. He agreed, the cover was insanely cool, we kept in touch, and when I decided to start writing for MRR again, he was one of the first persons I thought I had to interview. Here’s the result of our talk. 

Symétrie


























« Notre vie quotidienne est bombardée de hasards, plus exactement de rencontres fortuites entre les gens et les événements, ce qu’on appelle des coïncidences. Il y a coïncidences quand deux événements inattendus se produisent en même temps, quand ils se rencontrent : Tomas apparaît dans la brasserie au moment où la radio joue du Beethoven. Dans leur immense majorité, ces coïncidences-là passent complètement inaperçues. Si le boucher du coin était venu s’asseoir à une table de la brasserie à la place de Tomas, Tereza n’aurait pas remarqué que la radio jouait du Beethoven (bien que la rencontre de Beethoven et d’un boucher soit aussi une curieuse coïncidence). Mais l’amour naissant a aiguisé en elle le sens de la beauté et elle n’oubliera jamais cette musique. Chaque fois qu’elle l’entendra, elle sera émue. Tout ce qui se passera autour d’elle en cet instant sera nimbé de l’éclat de cette musique, et sera beau. 
 Au début du roman que Tereza tenait sous le bras le jour où elle était venue chez Tomas, Anna rencontre Vronsky en d’étranges circonstances. Ils sont sur le quai d’une gare où quelqu’un vient de tomber sous un train. A la fin du roman, c’est Anna qui se jette sous un train. Cette composition symétrique, où le même motif apparaît au commencement et à la fin, peut sembler très « romanesque ». Oui, je l’admets, mais à condition que romanesque ne signifie pas pour vous une chose « inventée », « artificielle », « sans ressemblance avec la vie ». Car c’est bien ainsi que sont composées les vies humaines.
Elles sont composées comme une partition musicale. L’homme, guidé par le sens de la beauté, transforme l’événement fortuit (une musique de Beethoven, une mort dans une gare) en un motif qui va ensuite s’inscrire dans la partition de sa vie. Il y reviendra, le répétera, le modifiera, le développera comme fait le compositeur avec le thème de sa sonate. Anna aurait pu mettre fin à ses jours de tout autre manière. Mais le motif de la gare et la mort, ce motif inoubliable associé à la naissance de l’amour, l’attirait à l’instant du désespoir par sa sombre beauté. L’homme, à son insu, compose sa vie d’après les lois de la beauté jusque dans les instants du plus profond désespoir. » 
(Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être)

12.3.14

HSRSSS #2


A écouter: Optimizm LP, par Grazhdanskaya Oborona.

A lire: interview de Vivian (Écoute La Merde/ Underground Pollution records) sur le site d'Article 11, à propos de ses concerts noise/ grind/ punk en hôpital psychiatrique.

A regarder: conférence en anglais autour de Roberto Bolaño

7.3.14

Hear something read something see something #1


 A écouter: Тупым (EP) par Отстой. S'y retrouver dans le monde du rock russe n'est pas toujours aisé, barrière de l'alphabet oblige, alors merci à Drug Punk pour cette recommandation - du bon garage punk moderne (lire: bruitiste, lire: guitares roulettes de dentiste) en provenance de Saint-Pétersbourg. Rien de révolutionnaire mais cette langue, pour je ne sais quel raison, me fait invariablement partir ailleurs

A lire: Raymond Pettibon en interview sur le site du Believer.

A regarder: Louis Armstrong à Berlin Est en 1965.  

Oh baby/ I wanna puke on a pig with you/ all night long










































Seems that MRR did a new batch of the shirt I drew for them. Available here in all sizes on white or yellow shirts, so get it, look cool in the spring and support underground punk mags, etc. 

6.3.14

Memory Lane #9

Jardin & chambre - squat sans nom, Ivry/ Seine, mi-00. L'endroit ayant inspiré, entre autres, le morceau Expulsion d'un certain groupe punk lyonnais. Les pâtes collées dans l'évier, les posters aux murs... Il faut partir, maintenant. 

3.3.14

Memory Lane #8

Juste une pour cette fois: Out With A Bang! à l'Insoleuse, Lyon 2007


27.2.14

Cœurs & triangles







































C'était écrit: le jour où je ferais un poster pour des groupes n'ayant aucune aura glauque/ morbide/ triste/ violente, il ressemblerait forcément à une pub pour des bonbons acidulés pour gamines de six ans. C'est fait, ce n'est plus à faire... Rdv en juillet.

http://staticshockrecords.bandcamp.com/album/clever-clever

http://the-splits.bandcamp.com/

22.2.14

Absurdo

My interview with Absurdo from MRR #356 (January 2013)

























To understand Absurdo, you’d need to witness the quasi-religious hardcore experience that is seeing them live in their hometown of Barcelona – the energy level is insane, the crowd goes nuts and sings along to every chorus, in some cases every word, you suddenly feel like nihilism might just not be the answer, after all – but since you don’t live in BCN, you’ll have to take my word for it and content yourself with this interview, their self-released full-length tape and their upcoming 7”. 

MRR: Last week-end was the Caos A Gràcia festival in the streets of BCN. Absurdo played and people lost their shit, danced like crazy, sung along, etc. Just before the show, Xavi from Crosta told me that Absurdo is a band that brings together a lot of people, with fewer divisions than other bands from Barcelona (ie straight edge people and drunk raw punks both like the band, to sum it up.) Do you agree with this, and why do you think it is like that? Is Absurdo on a mission to UNITE THE PUNK SCENE?! And if not, then what the hell is Absurdo’s mission?

18.2.14

Memory Lane #7

Parce que les meilleures photos de concert sont celles où on voit le public...

























16.2.14

KYTÄNSOITTAJAT





















  






















Pochette pour le premier EP des Finlandais de KYTÄNSOITTAJAT, à venir sur Blast Of Silence records. L'histoire telle qu'elle m'a été exposée par Teemu Bergman: à Helsinki, dans le quartier aisé de Töölö, a récemment été ouvert un "centre pour drogués", où ceux-ci peuvent venir se reposer, se camer, vivre, etc. Cela aurait provoqué un taulé auprès des habitants du quartier (on se souvient d'une histoire similaire à Paris il y a quelques temps). Le groupe a donc réagi, à sa façon, en écrivant une chanson disant que les junkies, eux aussi, méritent un endroit chaud où vivre. Content de participer à une telle initiative.

15.2.14

Memory Lane #6

Que faisiez vous le 11 septembre 2001? J'étais au squat de le 13, à mater Come Across (HC de Bures sur Yvette) et FDS (HC du Brésil). Je n'avais pas vu ni lu les infos de la journée. Je n'en avais rien à foutre. Dans la salle, un punk bourré a gueulé "Aujourd'hui, je suis content de regarder la télé!". Pendant FDS, je me suis à pogoter; aussitôt une fille m'a chopé par le bras et m'a dit non mais calme-toi, fais gaffe aux autres. J'ai trouvé ça abusé.


























14.2.14

Doc Dart






































Les joies d'internet: article datant de l'époque où Doc Dart (Crucifucks) s'était présenté pour être maire de Lansing.

Memory Lane #5


















Banderole toute en finesse pour l'A.C.A.B festival, RDC squat, Paris. 2003 ou 4.

13.2.14

Memory lane #4
















Crispus Attucks au Squat de le 13 en 2001. L'un des premiers groupes vu en concert juste après avoir fantasmé dessus dans MRR pour la simple raison qu'ils y étaient décrits comme "skate-thrash" - j'étais surexcité à l'idée d'aller voir en squat un groupe se revendiquant du skate, vu que les gens aux concerts se foutaient constamment de ma gueule de boutonneux parce que j'avais ma planche sous le bras (merci DisYann et les chaos punks). A peine arrivé au 13, j'ai trouvé devant la palissade leur guitariste en train de faire des boneless: j'étais conquis d'avance. Du reste, on devait être une trentaine devant le groupe, que ça n'a pas eu l'air de gêner si l'on en croit la photo.

12.2.14

Memory lane #3

Troisième série de clichés au jetable, spéciale "Tu vois gamin, aujourd'hui vous faites votre promo sur Facebook, mais nous à l'époque, on était un peu plus téméraires" ou encore "Le vandalisme: beau comme une caillasse dans la gueule d'un flic". 




































"There are not a lot of links between their world and the one we live in."























  

(My column from MRR #368, January 2013)

Hey people, long time no talk. For a few months I thought I was done with that column – kinda wanted to show some solidarity with Mykel Board, plus I couldn’t be fucked writing in English anymore and I was too busy with other crucial stuff like staring at the cemetery from the window of my new apartment, writing my fifth throw away novel, putting out books, reading Auster and Hilsenrath, hanging at the bar with my mates who drink more than I do (which is great because, you know, next to them I don’t ever feel like an alcoholic, so… Thanks guys, don’t change anything), listening to mostly spoken words records, playing chess online and running the Punk Drawings blog, which you can check at punkdrawings.tumblr.com. While I could tell you more about the rest, I feel like that last item on my list would be the most interesting to you, the American Punks of Today. Punk Drawings is a blog where you can find punk drawings (!), ie drawings made by people into strange/ violent music, illustrations for punk fliers and posters and so on. I try to focus on current “artists”, not on fucking Pushead or Pettibon or all the tired old glories from the past, who already have way more exposure than they deserve in most cases. I’ve been having fun doing it, it’s easy, it’s free, doesn’t take more than ten minutes a day, etc. There are a few “artists” whose drawings I keep posting, like Abraham Diaz (who should be interviewed in this space next month), Dustin Mcchesney (illustrator for the band Total Trash), Sam Ryser (Crazy Spirit), Yecatl Peña (Inservibles), Teodoro Hernandez (of course), Alexander Heir (Death Traitors), and Luca ******, a young French guy whose work I’ve been following for a few years. Luca plays in tons of bands, draws tons of shit and pukes it all out with what seems like complete disregard for self-judgment, which can be a bad thing sometimes, but somehow works for him. His longest-running band, SIDA, released an excellent 7” on Sweet Rot a few months back, and you should check them out if you’re into New York no-wave and female-fronted repetitive post-punk – great live, great on record, good riffs, killer drummer and singer, there really isn’t much more you could ask for. Also, Luca’s solo project Ventre de Biche should please fans of fucked up French songs – call it “punk” or not, no one really cares anymore, but last time I saw him play was when I decided I should let you know about him – it takes some guts going on tour on your own, with no friends or band to hide behind, and sing weird songs about death and urban depression in a really clear tone that can be understood by the audience with no effort. I’d also recommend checking out his first “pro” comic, Poupy, which tells the hilarious existential adventures of a depressed dog in a world devoid of meaning. Anyway, I sent Luca some questions and he replied a few hours later, like he always seems to do.    

11.2.14

Memory lane #2

Deuxième cargaison de photos prises au jetables. Click pour agrandir. 






































10.2.14

Memory lane #1

Je n'ai jamais pris aussi peu de photos - notamment de groupes ou de lieux de concerts - que depuis l’avènement des appareils numériques... Sans doute une réaction allergique à la multiplication d'appareils apparus aux premiers rangs, place autrefois réservée aux quelques fans, le poing en l'air, récitant chaque texte par cœur. Pas un regret, juste une remarque, pour mettre un grain de contexte autour de ce post... Entre 2000 et 2006, je documentais régulièrement mon entourage punk à coups d’appareils jetables, et ces photos moisissent aujourd'hui dans un grenier - pourquoi ne pas en scanner quelques unes, me suis-je dit... Dont acte.




































7.2.14

School Jerks

(My MRR column from #362, July 2013, wherein Canada's School Jerks talk about swastikas, commies, ska, retro HC and the NRA. Art by Tara Bursey)

























This month I’ve got an interview with School Jerks, from Canada. It was made by Hans, a teenager from a small German village where no one listens to punk. Hans is straight edge, his mom’s a stripper, dad’s a military, and he goes to a school where the other kids stare at him all day long. He’s bored as shit so he sends me emails all the time. He’s never been to a punk show, all he knows is through the internet, but trust me – he knows a lot. A few months ago Hans wanted to start his own zine. He interviewed a bunch of bands for it, and then decided it wasn’t worth it. I was a bit pissed, since I had spent a big chunk of time drawing a cover for it, in a style that was completely different from what I usually do (no punks, no penis, no puke, pretty realistic drawing, etc.) Anyway, Hans asked if I’d run his School Jerks interview in my own zine, but since said zine has recently gone the adult way (publishing books with plain texts, no visuals, just short stories and translations of writing unavailable in French, etc) I decided to run the interview here instead. School Jerks may have been interviewed in MRR before, but probably not like this. Check out their records, download them, push the volume to 11, circle pit in your room… you know the deal, punk.

6.2.14

"J'en ai marre d'être sur cette page, dit la phrase."

Une vue imprenable, ma nouvelle écrite dans le cadre du projet Reset, a été mise en ligne ce matin. Vous pouvez la lire directement sur cette page. Pour les aveugles, les convoyeurs de fonds, routiers ou simples flemmards, des versions audiobook sont également dispos à la même adresse. Pour les partages Facebook, enfin, c'est à cette adresse.

3.2.14

Bientôt

Première sortie 2014: Le pire d'Abraham Díaz, dispo courant Mars. Compilation de dessins et bandes-dessinées de ce dessinateur Mexicain récemment kidnappé par les mafieux du “Cartel de Neza".


A écouter

Spéciale Finlande et spéciale zines sur Détruire l'ennui (radio libertaire, Paris). On attends la mise en ligne de la spéciale bruit avec impatience.

1.2.14

A la dérive

(Extrait de L'invention de la solitude, de Paul Auster, duquel provenaient quelques phrases citées dans les aventures de Pierre-Henry Tonon.)

« On a parfois l’impression d’être en train de déambuler sans but dans une ville. On se promène dans une rue, on tourne au hasard dans une autre, on s’arrête pour admirer la corniche d’un immeuble, on se penche pour inspecter sur le trottoir une tâche de goudron qui fait penser à certains tableaux que l’on a admirés, on regarde les visages des gens que l’on croise en essayant d’imaginer les vies qu’ils trimballent en eux, on va déjeuner dans un petit restaurant pas cher, on ressort, on continue vers le fleuve (si cette ville possède un fleuve) pour regarder passer les grands bateaux, ou les gros navires à quai dans le port, on chantonne en marchant, ou on sifflote, on cherche à se souvenir d’une chose oubliée. On a parfois l’impression, à se balader ainsi dans la ville, de n’aller nulle part, de ne chercher qu’à passer le temps, et que seule la fatigue nous dira où et quand nous arrêter. Mais de même qu’un pas entraîne immanquablement le suivant, une pensée est la conséquence inévitable de la précédente et dans le cas où une pensée en engendrerait plus d’une autre (disons deux ou trois, équivalentes quant à toutes leurs implications), il sera nécessaire non seulement de suivre la première jusqu’à sa conclusion mais aussi de revenir sur ses pas jusqu’à son point d’origine, de manière à reprendre la deuxième de bout en bout, puis la troisième, et ainsi de suite, et si on devait essayer de se figurer mentalement l’image de ce processus on verrait apparaître un réseau de sentiers, telle la représentation de l’appareil circulatoire humain (cœur, artères, veines, capillaires), ou telle une carte (le plan des rues d’une ville, une grande ville de préférence, ou même une carte routière, comme celles des stations-service, où les routes s’allongent, se croisent et tracent des méandres à travers un continent entier), de sorte qu’en réalité, ce qu’on fait quand on marche dans une ville, c’est penser, et on pense de telle façon que nos réflexions composent un parcours, parcours qui n’est ni plus ni moins que les pas accomplis, si bien qu’à la fin on pourrait sans risque affirmer avoir voyagé et, même si l’on ne quitte pas sa chambre, il s’agit bien d’un voyage, on pourrait sans risque affirmer avoir été quelque part, même si on ne sait pas où. »

31.1.14

Making Punk A Joke Again


Conseil: appuyer une fois sur >| pour écouter le deuxième morceau.
The Scroungers, Making punk a joke again. Melbourne 1991.
http://www.shamefilemusic.com/

22.1.14

« C'est l'histoire de deux jeunes poissons qui nagent et croisent le chemin d'un poisson plus âgé qui leur fait signe de la tête et leur dit, "Salut, les garçons. L'eau est bonne ?"
Les deux jeunes poissons nagent encore un moment, puis l'un regarde l'autre et fait, "Tu sais ce que c'est, toi, l'eau ?" »
- David Foster Wallace, C'est de l'eau

21.1.14

"S'il ne lui reste que cinq minutes pour accomplir un acte important, il les perd à calculer qu'il n'aurait pas eu besoin de plus pour le mener à bien."
- Alain Robbe-Grillet, La conscience malade de Zeno

20.1.14

Bad decisions


















La vie au RSA: un nouveau tube par jour. Aujourd'hui, dans le rôle du morceau en repeat, le genre de truc qui, à une époque, aurait donné à mon alter-égo adolescent des envies de meurtre/ crucifixion/ suicide/ lapidation sur la place publique/ goudron et plumes/ lynchage de corps au préalable couvert d'urine/ etc. Quelque part entre la pop naïve de K Records, le chant 0% testostérone des Dead Milkmen, et les hymnes entêtants/ désabusés de Kitchen's Floor (avec qui ils partagent un membre et un label), ce morceau de Bitch Perfect donnera des boutons aux hardos, ravira les midinettes, rappellera de bons souvenirs à tous les paumés de la vie, donnera envie aux "cinéphiles" de regarder Garden State ou autre comédie indé US qui commence mal (mais un peu bien quand même) et se finit bien (mais un peu mal quand même), et ainsi de suite. Pour ma part, j'ai beau essayer de résister, parfois un refrain entêtant, des couplets faisant rimer "food" avec "food" et des textes dans lesquels se reconnaître suffisent au doigt pour ré-appuyer sur le bouton. RIP la violence.




Ps: L'album Big Time, dont est extrait ce morceau, est en téléchargement ici. Un autre est sorti depuis, également sur Bedroom Suck.
Et lorsqu'on lui demande pourquoi il a écrit son livre, il n'a qu'une réponse: "C'est pour essayer de savoir pourquoi j'avais envie de l'écrire". 

- Alain Robbe-Grillet, Pour un nouveau roman

19.1.14

Big Zit

















Addition tardive aux sorties 2013 à retenir, Big Zit, de quelque part dans l'Indiana, sonnent comme les Bad Brains du début maltraités par le hardcore mutant/ gluecore de ces dernières années, c'est à dire tous ces groupes qu'on imagine aimer tant Die Kreuzen que les acides, les Butthole Surfers que les vapeurs de colle... Void que la gnôle? Voix entre HR et le demeuré des Swankys, solos pérraves, son tout niqué et un feeling de samedi soir bien fun dans une cave en ruines. A télécharger ici (via Narrow Mind) ou en écoute complète ci-dessous. Un 7" semble être prévu sur Not Normal.


18.1.14

Antipo*sie

 













"Traire une vache et puis lui balancer le lait sur la tête."
- Nicanor Parra

(Via Littérature + maladie = maladie, de Bolaño)

17.1.14

People laugh at me (coz I like weird music)

Le monde de 2014 a-t-il besoin de magazines audio au format cassette? C'est en tous cas ce que pensent les rosbifs d'Another Subculture, mélange d'interviews et de morceaux livrés sur le format obsolète préféré de tous les vieux jeunes. Au sommaire, parmi d'autres choses de goût, Matt Korvette (Yellow Green Red/ Pissed Jeans), Bryony Beynon (Good Throb/ MRR), ainsi que Mark Lancaster des Instant Automatons, un de ces prolifiques groupes anglais des années 1970/80 ayant pris à la lettre l'exemple des Desperate Bicycles: faire de la musique autoproduite, inclassable, et peu importe les burnes punks. Si toute la cassette mérite attention, la grande surprise pour moi aura été de tomber sur le morceau "People laugh at me (coz I like weird music)" des Instant Automatons, dont je me souvenais du refrain pour l'avoir lu dans Heartbeat il y a des années, mais que je n'avais jamais eu l'occasion d'entendre. Dans un autre monde, autant le dire: ce morceau serait l'hymne d'une génération de binoclards n'aimant rien de plus que s'enfermer dans des caves pour trifouiller des instruments-jouets récupérés à des fins de brocantes, et si vous ne voyez pas pourquoi, allez donc en lire les paroles.

16.1.14

El Dinosaurio

























Le Dinosaure, d'Augusto Monterroso, est considéré comme l'un des récits les plus courts jamais publiés en espagnol; cette micronouvelle, de fait, tient en une seule ligne:

« Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là. »

Outre les questionnements infinis qu'amène ce célèbre texte (personnellement j'imagine un dinosaure qui aurait rêvé l’extinction de son espèce, avant de se réveiller et de réaliser qu'il était "toujours là", mais d'autres pensent que le "il" et le dinosaure sont deux sujets différents), il est intéressant de noter que ses traductions françaises varient. On trouve ainsi, par exemple:

« Quand il se réveilla, le dinosaure était encore là. » (ici)

"Lorsqu'il se réveilla, le dinosaure était toujours là" (ici)

Ainsi que deux autres, plus surprenantes, car transformant complètement les interprétations possibles du texte: 

« Quand je me suis réveillé, le dinosaure était toujours là. » () 

« Lorsqu'il se réveilla, le dinosaure était encore à côté de lui » ()

Ce qui représente une bonne illustration des problèmes liés à la traduction, et amène en une simple phrase plus de questions que je n'ai le courage d'en taper. Sur ce, bonne journée, et si quelqu'un souhaite trancher parmi ces traductions, qu'il n'hésite pas à se manifester, sachant que la version originale  est:

« Cuando despertó, el dinosaurio todavía estaba allí. »

15.1.14

Chronique d'une terre plate


2666, Roberto Bolaño (Folio)

Ce que je retiendrai de 2666 ? Deux noms, d’abord : Roberto Bolaño, auteur réel décédé peu après l'achèvement (discuté) du manuscrit, et Benno Von Archimboldi, auteur fictif toujours vivant, dont la présence hante les quelques mille-trois-cent pages de l’ouvrage, y compris celles des quatre parties où il n’apparaît soit pas du tout, soit seulement en tant que spectre poursuivi par une bande de détectives improvisés, trois Indiana Jones à lunettes partant à la recherche de cet écrivain dont le monde a perdu la trace depuis la fin de la seconde guerre mondiale, alors même qu’on l’envisage pour le prochain prix Nobel. Je n’oublierai pas non plus la scène où deux des aventuriers en question (des universitaires européens respectés, en réalité) tabassent un chauffeur de taxi pakistanais, aussi gratuitement que dans un rush d’Orange Mécanique, incident dont on attend les conséquences mais auquel Bolaño ne semble accorder qu’un bête statut de faute de parcours, une de ces choses que les gens font, « ça arrive », semble-t-il dire, même aux meilleurs, un crime parmi d’autres destiné à rester impuni parce que le monde a d’autres chats à fouetter. Je retiendrai aussi, bien sûr, la quatrième partie du livre et son énumération patiente, pénible, interminable de centaines de cadavres de femmes jonchant, des années durant, les trottoirs et décharges de la ville de Santa Teresa au Mexique, double fictif de Ciudad Juárez, ville bien réelle, elle, où plus de trois cent soixante-dix cadavres de jeunes femmes ont effectivement été trouvés depuis 1993, violées, ensanglantées, « féminicide » irrésolu servant de trame à l’ensemble du roman. Je n’oublierai pas Barry Seaman, ancien membre des Black Panthers reconverti en auteur de livres de cuisine après avoir appris en prison que lire, c’est « quelque chose d’utile », « c’est comme prier, parler avec un ami, exposer vos idées, écouter les idées des autres, écouter de la musique (oui, oui), contempler un paysage, sortir se promener sur la plage. » Je retiendrai le Testament Géométrique, livre accroché par des pinces à linge à l’étendoir du jardin d’Amalfatino, prof de philo chilien que des voix insultent pendant que sa fille se tape des lignes de coke avec les journalistes sportifs de la ville. Je retiendrai Oscar Fate, dont la réaction face au décès de sa mère évoque celle de Meursault, alias l’Etranger, dans le roman de Camus ; je retiendrai un match de boxe qu’on anticipe pendant des dizaines de pages et qui ne dure finalement que cinq lignes ; je retiendrai, surtout, la superbe dernière partie du livre, où d’un seul coup surgit l’humour, alors que les quatre premières nous avaient bombardé de mort et de désolation, contraste saisissant puisque tout le début du livre se passe à « notre époque » (grosso-modo, des années 90 aux années 2000) et qu’on y croise exclusivement des personnages perdus, violents, drogués ou déprimés, faisant face à des situations ne prêtant que rarement à sourire, alors que cette fameuse dernière partie, elle, se déroule en majorité dans l’Allemagne et l’Est de l’Europe de 1939-45, où l'on s’attendrait à ce que l’horreur décuple, hors elle semble au contraire perdre pied et ne pouvoir résister à la dégaine d’Hans Reiter, grand dadais aryen né d’une mère borgne et d’un père boiteux, paysan fasciné par la mer et plus encore par les algues, auxquelles il se trouve comparé à plusieurs reprises. Comment ne pas sourire lorsque, pendant des années, le seul livre que chérit Reiter s’intitule Quelques Animaux et plantes du littoral européen, ouvrage illustré volé à l’école en 1926, qu’il emmènera dans son baluchon pour partir en guerre, treize ans plus tard, cette guerre durant laquelle il croisera un écrivain de science-fiction russe, un général crucifié dont le vent fait virevolter le sexe de trente centimètres, une baronne nymphomane, le comte Dracula, de bons allemands ayant fait du mieux qu’ils pouvaient pour tuer « de façon éthique », ou une jeune démente ayant « sucé des inconnus en croyant que le sperme allait la nourrir. » Je n’oublierai pas ce trajet de train Lyon-Paris où je devais prendre sur moi pour ne pas rire trop bruyamment des aventures de Reiter, survivant improbable d’une guerre qui ne l’intéressait pas, ex-soldat nazi devenu écrivain protégé d’une maison d’édition tenue par un  juif (difficile de ne pas faire de parallèle, à certains moments, avec le Nazi et le barbier d’Hilsenrath), aventures subtilement rocambolesques dont le point culminant, en termes humoristiques, se situe à moins de cent pages de la fin, lors d’une discussion autour des meilleurs lapsus calami de l’histoire de la littérature, d’où découlent des perles telles que « Partons ! dit Peter en cherchant son chapeau pour essuyer ses larmes » (Zola), « Les mains croisées dans le dos, Henri se promenait dans le jardin, lisant le livre de son ami » (Rosny), « Je n’y vois plus clair, dit la vieille aveugle » (Balzac) ou « Des excursions de trois ou quatre jours étaient pour eux chose quotidienne » (non-attribué), cadeaux offerts au lecteur par un Bolaño en fin de vie, comme si, avant de partir, l’auteur avait voulu nuancer la noirceur dépeinte dans les trois-quarts de l’ouvrage, horreur dont l’existence n’enlève rien à celle de l’humour, de l’amour, de la passion du ridicule, ce qui bien sûr, comme les mille-et-un mystères irrésolus hantant l’ouvrage (à commence par son titre), pose des questions destinées à rester sans réponse, ne rendant que plus réaliste et incontournable ce 2666, qu’on commence sans savoir si on en viendra à bout, et qu’on finit en regrettant d’être allé trop vite.   

"Je ne vous cache pas que c'est aussi mon sentiment"














Op Oloop, Juan Filloy (Monsieur Toussaint Louverture)

Deux de mes plus marquantes lectures 2013 (Karoo de Steve Tesich et Le dernier stade de la soif de Frederic Hexley) ayant été publiées par Monsieur Toussaint Louverture, je me suis retrouvé au cours de l’année à acquérir d'autres références de cet éditeur audacieux (dont les livres, il faut le dire, sont tout bonnement magnifiques, ce qui amène encore une fois à se demander s’il est censé - ou pas - de juger un ouvrage d’après sa couverture), reproduisant dans la moitié des cas un mécanisme similaire:

14.1.14

Mierda

























Chaque fois que je tiens un numéro du fanzine Mierda (Barcelone), je regrette d'avoir passé tous mes cours d'espagnol à dessiner des fumeurs de joints dans les marges de mes cahiers. Le nouveau numéro ne fait pas exception, avec cette couverture qui m'a tapé dans l’œil du premier coup, peut-être parce qu'elle m'a tout de suite rappelé, pour des raisons qui m'échappent à moi-même, ce dessin d'Hunter Thompson sur lequel je n'ai pas fini de bloquer. Bref, cette couverture est l’œuvre de Frutos a.k.a Mr Mierda, et le zine semble être disponible via Alta Intensidaz.