"You may love their music or you may not, but whatever you feel, at last you know you can listen to artists who are real."
Pour ce volume (sans blabla entre les morceaux cette fois) voici regroupés certains des morceaux les plus primitifs, amélodiques, arythmiques, inaptes au solfège auxquels j'ai pu pensé. J'imagine que certains n'arriveront pas à écouter l'émission en entier, que d'autres ne verront pas l'intérêt et que d'autres prendront la chose à la rigolade. C'est cette dernière réaction, pourtant prévisible, qui me dérangerai le plus: ces groupes et ces morceaux, sans second degré aucun, sont des classiques incontournables dans ma chambre et mes oreilles.
Deux choses importantes à propos de cette émission:
1) Il me semble que la façon dont nous entendons et écoutons la musique est, comme le reste, un pur produit de l'environnement dans lequel nous avons grandi. Comme toute chose elle peux (et si voulez mon avis, doit) être déconstruite. Certains découvrent Nirvana ou le grindcore à une époque où leurs oreilles demandent du changement et sont prêtes à le recevoir, puis passent quelques paliers et considèrent avoir atteint la limite de ce qu'ils cherchent en terme de distance avec les structures et le son de ce qui est traditionnellement acceptable, musicalement parlant. D'autres en demandent toujours plus. La localisation de cette limite est purement arbitraire.
2) La vague punk n'a pas tenu ses promesses initiales de démocratisation de la musique. Dans le punk comme ailleurs on trouve une écrasante majorité de gens pensant qu'il faut "savoir jouer" d'un instrument pour faire de la musique, et qu'il existe de "bonnes" et de "mauvaises" façons d'écrire des morceaux, de faire sonner ses enregistrements, d'accorder ses instruments, etc. Pour ceux d'entre nous qui croient à l'importance de la destruction de la barrière artiste/ spectateur dans la musique comme dans le reste de la vie, c'est un constant décevant.
Sans transition, voici la présentation des morceaux. Dans le contexte musical actuel il me paraît approprié de souligner qu'à l'exception de MORGANE DESBEET nous n'avons pas ici à faire à des groupes de "noise" mais que pourtant ce que fait notre ami lyonnais me paraît d'avantage coller avec ces groupes qu'avec les nombreux "artistes" revendiquant cette étiquette bâtarde s'il en est en 2009.
1. Intro. Un truc débile, fait-maison.
2. THE SILVER - do you wanna dance? Quelque part en Finlande à la fin des années 70, un groupe d'humanoïdes non-identifiées décident de reprendre le tube des BEACH BOYS (déjà repris par les RAMONES) et de l'enregistrer. Ca donnera ce monument, récemment bootlegé. Si quelqu'un a d'autres morceaux (notamment la face B du 45) en mp3, faites un heureux, faites tourner.
3. THE GODZ - now song. Entre 1966 et 67 ces new-yorkais ont sorti trois albums sur ESP Records, label nord-américain hors-norme dont le catalogue vinylique incluait tant des disques de free-jazz (Ornette Coleman, Sun Ra) que des lectures de William Burroughs, du proto-proto-punk (THE FUGS) ou des compilations de morceaux chantés en Esperanto (le label avait des liens avec la fondation espérantiste). Entre folk-minimaliste et avant-rock-psyché, les DIEUXZ ont décidé d'apprendre à jouer une fois le groupe commencé, plutôt que l'inverse.
4. RAPT – no need for melody. Extrait de leur split cassette avec LÄRM, un morceau dont le titre résume toute leur carrière. Des punks français lookés comme des finlandais qui décident de faire du hardcore bruitiste à des années lumières des étouffantes normes du punk hexagonale dans les années 80 comme aujourd'hui. Les japonais et les ricains nous les envient, mais ici tout le monde s'en fout. Hail Rapt.
5. L.A DRUGS – casual sex. Sorti en CDR en 2003, puis réédité en LP sur Twisted Village par la suite, l'album éponyme de L.A DRUGS (de Boston, MA) représente le croisement parfait entre THE SILVER et le premier EP de MIKA MIKO, ou entre les SHAGGS et un live pirate de LE TIGRE enregsitré au dictaphone. Pas un morceau à jeter, de telle sorte que j'ai longuement hésité avant de chosir lequel passer. Des gamin-e-s qui décident de faire du bruit avec les moyens du bord et de l'enregistrer, ça ne vous rappelle rien? Tous les groupes des débuts du hardcore ricain, pour commencer. L'album n'est que tubes semblants constamment à deux doigts de se casser la gueule par terre en dégageant de superbes odeurs de poppers, d'éther et autres drogues pour ados fauchés, avec des titres allant de "One Night Stand" à "Stagedive" en passant par "High School" et "I H8 Copz 2 D Max" (référence à The Decline Western Civilization également "reprise" par les Young Wasteners, breeeeeeeef). Un vrai classique under-underground des années zéro.
6. MORGANE DESBEET – animal machine. Christophe a déjà tout résumé dans le # 15 de Ratcharge: « (…) les groupes de noise et noisecore pour ma part sont des groupes qui ne sont pas ou très peu connus pour la plupart, que peu de gens écoutent, pas de message quelconque en général dans les paroles, des styles assez difficiles à approcher, accrocher et maîtriser de façon auditive, de l'improvisation, une liberté d'action très grande, pas de barrières musicales, mélodiques, etc, à respecter, pas de règles, ni d'imposition, un style abordable pour tout le monde, qu'ils sachent ou non utiliser un instrument, qu'ils aient ou non un instrument, pour résumer et vulgariser : suffit d'un appareil permettant d'enregistrer et restituer le son et de rien et on peux commencer un projet de noise... »
7. THE SHAGGS – my pal foot foot. Trois sœurs, encouragées par leur père à prendre des instruments et sortir un disque. Bien qu'elles aient pris des leçons de musique (par correspondance!), les SHAGGS avaient tout compris: "The Shaggs love you, and love to perform for you. You may love their music or you may not, but whatever you feel, at last you know you can listen to artists who are real."
8. IMAGEN – orden desorden. Rippé par Ivan il y a quelques jours, "c'est une sorte de Rapt Colombien, H/C tordu et chaotique de la fin des années 80, le ep est sorti en 92". Parfait.
9. THE FUGS – nothing. Formés au milieu des années 60, les FUGS (Fuckin Ugly!) ont commis un paquet de disques et sont apparus dans le film Chappaqua aux côtés d'Ornette Coleman et William Burrough. Je suis loin de tout connaître d'eux mais serais étonné qu'ils aient surpassé le primitivisme de ce morceau anti-tout, Nothing, par la suite. Comme peinture de la vision du monde en descente d'acide, ça se pose un peu là.
10. THE ELECTRIC EELS - now. Les EELS, ce n'est pas que le groupe d'AGITATED. Ils ont aussi fait du free-jazz.
Bonne écoute!
>>> RATCHARGE RADIO VOLUME 6.
SOLD OUT || SAFETY WEEK

Depuis aujourd'hui je n'ai plus aucune copie d'aucun des numéros de Ratcharge. Je ne compte pas en retirer non plus, donc plus la peine de demander. Certaines des distros listées sur ce site ont encore en stock les numéros les plus récents, et Procrastination les tire toujours sur demande mais précise qu'il ne faut pas être pressé.
Aucun rapport mais j'ai parlé à plusieurs personnes ces derniers temps de ces morceaux des ELECTRIC EELS (image ci-dessus, le groupe le plus mignon de l'Histoire) qui n'apparaissent pas sur The Eyeball Of Hell, alors voici mon préféré du lot: THE ELECTRIC EELS - safety week. Détruire après écoute.
RECONVERSION
Depuis que je travaille j'ai mangé tellement de hamburgers qu'au cours du dernier mois une vache entière a dû me passer par l'estomac. Burp. Peu de temps pour être créatif ces jours-ci, alors j'utilise la pause de midi pour gribouiller, assis dans un décor américain tout en couleurs criardes, gamins qui hurlent et étudiants venant choper deux burgers pour le prix d'un au son des tubes de la bande FM. A ce rythme là dans deux mois je saurais dessiner des mains et des pieds corrects.


LAVAGE DE CERVEAU

J'ai gribouillé ce dessin à la table d'un fast-food à ma pause de midi. A peine le croquis commencé voilà que deux petits blondinets de cinq/ sept ans s'asseyent à ma table en gesticulant et déblatérant à vitesse grand V le genre de non-sens typiques de cet âge. D'abord vaguement agacé, les morpions ont ensuite réussi à me faire décrocher mon premier sourire de la journée en regardant mon début de dessin et me lançant, "bah dis-donc, il a de gros yeux le monsieur, on dirait qu'ils vont bientôt exploser!". Je me suis demandé si je devais continuer quand j'en arrivais à dessiner l'eau de javel attaquant le cerveau du deuxième personnage, mais merde, tant pis pour leur sensibilité, leurs parents n'avaient qu'à les surveiller mieux que ça. J'ai fini, mais les gosses n'ont pas eu l'air plus choqué que ça. Ha.
Quelques heures plus tôt au boulot j'étais tombé sur une image nonchalamment accrochée sur un mur (par ailleurs vierge) dans le bureau d'un collègue: une photo d'un dessin d'un membre du KKK en train de renverser de l'eau de javel sur la tête d'un noir. Comprenez bien: il n'y a rien d'autre sur le mur, et le collègue en question est un gros blanc bien costaud de 40 ans, pas un mauvais bougre mais pas pour autant exempt du bon vieux racisme à la française. Ne le connaissant pas en dehors des bonjour et au-revoir de circonstance je n'ai pas osé lui demander ce que ce dessin faisait sur son mur. Humour douteux? Si oui, passons. Si non, qu'est-ce que je pourrais bien y foutre? Bon dieu je déteste l'usine.
OTAKU PARTY - cache misère.
La nouvelle démo d'OTAKU PARTY, Cache Misère, est disponible depuis quelques jours. 15 morceaux (+ une reprise de RAPT) de hardcore punk rapide avec guitares noisecore, structures lorgnant vers la vague powerviolence mais pas seulement, et un chant en français vomissant froidement des textes d'un réalisme à faire considérer le suicide au plus bienheureux des hippies. Faites vous donc une idée en écoutant Plomb Durci et Gâchis.

100 copies, dispos pour 2€ de main à main.
Par correspondance, ou pour les prix de gros, etc, contactez otakuparty@yahoo.fr
M.A.J: la démo est quasi épuisée.
Les titres sont téléchargeables avec l'artwork et les textes sur le lien suivant:
http://www.mediafire.com/download.php?rjzmyeqiwxo
Les deux démos sont téléchargeables et écoutables sur cette page:
http://www.dogmazic.net/OTAKU_PARTY

100 copies, dispos pour 2€ de main à main.
Par correspondance, ou pour les prix de gros, etc, contactez otakuparty@yahoo.fr
M.A.J: la démo est quasi épuisée.
Les titres sont téléchargeables avec l'artwork et les textes sur le lien suivant:
http://www.mediafire.com/download.php?rjzmyeqiwxo
Les deux démos sont téléchargeables et écoutables sur cette page:
http://www.dogmazic.net/OTAKU_PARTY
Mental Hygiene Terrorism Orchestra
Vidéo trouvée sur la chaîne youtube de Noizemhaker, accompagnée du commentaire suivant: "concert chaos sauvage en plein jour de marché de mental hygiene terorism orchestra ... mytique ... a besançon en face du musee je crois". La musique est morte, vive la musique.
OBAMA IS HITLER

«Le problème, ce n'est pas la réforme de la santé. Le problème, c'est la transformation de ce pays en une Russie, en un pays socialiste» (Katy Abram, «mère de famille» républicaine)
Aux Etats-Unis la tentative de réforme du système de santé par l'administration Obama se heurte à la haine des républicains qui jugent qu'elle "coûterait trop cher au contribuable et serait trop généreuse avec les plus démunis." Pas étonnant dans un pays où, depuis quarante ans, les partisans du néo-libéralisme s'emploient par la propagande officielle et officieuse à faire passer toute tentative de nationalisation comme une dérive socialiste, voire communiste, et donc diabolique. Diabolique? Il faut croire que les comparaisons avec la Russie ne faisaient pas assez d'effet; par un petit tour de passe-passe d'une subtilité à faire passer Anal Cunt pour la réincarnation de Beaudelaire, voilà qu'une campagne visant à comparer Obama à Hitler (communiste de renom) s'est mise en place. Ca a donné cette fameuse photo où une petite moustache très 1940 à été rajoutée au visage d'Obama, mais également d'autres tentatives artistiques plus poussées comme ce tableau/ montage qui laisse songeur:
Enfin, tout ça pour parler d'un blog qu'un ricain inspiré a créé en réaction à tout ça, et qui je l'espère vous fera vous marrer autant que moi: OBAMA IS LITERALLY HITLER. A noter que la chose a tout de même été prise au sérieux par suffisamment de gens pour forcer le type a publié une réponse énervée et hilarante. Je ne trouve pas comment faire de lien direct avec celle-ci mais c'est un post intitulé "Okay, this is getting silly" . N'hésitez pas à regarder plus loin que la première page du blog, on y trouve vraiment des perles.
Sources:
http://www.liberation.fr/monde/0101585004-obama-perd-de-son-assurance-sur-la-couverture-maladie
http://www.liberation.fr/monde/0101585729-derapages-en-serie-sur-la-reforme-du-systeme-de-sante-americain
GOOD GOOD THINGS

Si je vous dis "Annonay" vous me répondrez "Hein, quoi?" et vous aurez bien raison: avec ses 17000 habitants, on comprend que la commune la plus peuplée d'Ardèche ne fasse pas parler d'elle souvent, culturellement parlant. C'est pourtant à un trio d'annonéens qu'on doit le seul disque de hardcore français que je mettrais dans mon top 10 des EPs punks de l'année: sorti à 200 copies dans la discrétion la plus totale, le premier EP de GOOD GOOD THINGS va faire saigner quelques têtes, et laisser des trous dans les murs qui vont avec. Non pas qu'il soit spécialement original en soit, mais je dois dire qu'un disque sonnant autant comme le premier AMDI PETERSENS ARME et provenant de même pas 100 bornes de là où j'habite, ça me fout sur le cul et force un certain respect, d'autant plus quand la chose est faite avec autant d'apparente simplicité et aussi peu de prétention. Tout est là: le son crû, l'enregistrement sur quatre pistes, "pas de mixage ni de mastering" sur la pochette comme un badge d'honneur, les pochettes collées au stick UHU, les petites trouvailles de guitares, la distorsion sur 1.5, sept morceaux sur un EP et de l'énergie brute qui sort par les trous des enceintes. Leurs concerts sont dénués de toute pose ou prétention, et on les en remercie en changeant la face une troisième fois.
>>> goodgoodthings(at)hotmail.fr
All Things Change Into Fashion

Si certain-e-s d'entre vous ont loupé le Ratcharge #13 et sont intéressés par les traductions des articles sur le noisecore japonais de Stuart Schrader, elles sont lisibles en ligne en suivant ces liens: CONFUSE, GAI, STATE CHILDREN. Je regrette d'avoir été trop flemmard pour finir de traduire l'article sur ces derniers qui sont, à ce jour, mon groupe préféré de tout ce courant; peut-être devrais-je me botter le cul pour finir le boulot.
Au risque de me répéter, ces articles me semblent particulièrement importants pour comprendre cette branche du punk qui a fait beaucoup parler d'elle ces dernières années mais qui me paraît particulièrement incomprise, y compris par ceux qui s'en revendiquent.
Depuis quelques temps je me suis retrouvé obsédé par la chanson spending loud night de CONFUSE (extraite de leur EP éponyme). Mélange de guitares noisecore et de solos psychédéliques accompagnés d'une batterie lente que suivent les lamentations d'un dépressif enfermé dans une cave d'HP, ce morceau me fait rêver à un groupe qui déciderait d'explorer cette facette rarement évoquée des tarés de Kyushu plutôt que de réécrire Hate/ War une quarantième fois. Je ne cache pas mon plaisir face à la recrudescence des groupes de ce style mais j'ai également peur qu'il se retrouve frappé de la malédiction dite "du crust mélodique": un groupe tentant à la base d'innover(*) sur une base d-beat/ punk apocalyptique (TRAGEDY) se retrouvant copié de par le monde par une quantité impressionnante de groupes ininspirés faisant rapidement oublier l'excitation initiale pour ne plus laisser place qu'à un triste constat: on se fait chier, tout se ressemble, et le prochain qui me fait un solo épique par dessus un dis-beat je lui mets une baffe. All things change into fashion, indeed.
(*ou plus précisément, d'aller chercher l'inspiration autre part que là où ça se faisait à l'époque. Il est d'ailleurs intéressant de dresser un parallèle entre TRAGEDY et LEBENDEN TOTEN, les deux venants de la même ville, les deux s'inspirant de courants du punk japonais et les deux ayant engendrés un nombre de clones impressionnant dans un registre "on s'habille en noir, on porte des clous et on a que deux groupes dans notre IPhone")
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spending loud night,
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PSYCHIC JAMS
Dessin pour le groupe néo-zélandais PSYCHIC JAMS.
Original fait dans un van, sur la route en juin:

Version couleur (non-définitive?) faite aujourd'hui:

Pour être dans le coup, télécharge leur démo ici. Ces gars vont sauver le monde de l'ennui.
Original fait dans un van, sur la route en juin:

Version couleur (non-définitive?) faite aujourd'hui:

Pour être dans le coup, télécharge leur démo ici. Ces gars vont sauver le monde de l'ennui.
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